Qui sont ces personnes qui ne sont pas comme les autres ?

Qui sont ces personnes qui ne sont pas comme les autres ?

La majorité d’entre nous grandit avec la croyance que pour être quelqu’un de bien et de « normal », il est nécessaire de bien s’intégrer à la société, de suivre un chemin tout tracé en franchissant les mêmes étapes que tout le monde : avoir d’excellentes notes à l’école, faire des études, trouver un emploi, devenir expert dans sa profession, être promu, gagner beaucoup d’argent, en gagner toujours plus. Se marier, faire des enfants, acheter une belle maison, porter de beaux vêtements, conduire de belles voitures, s’offrir une retraite bien méritée. Être des grands-parents exemplaires qui prennent soin de leurs petits-enfants. Puis quitter ce monde en se disant qu’on a réussi.

Qu’en est-il de celles qui n’arrivent pas ou qui refusent de suivre cette voie ?

Sont-elles le fruit d’une « erreur de fabrication » ? Sont-elles malades psychologiquement ?

Dès leur plus jeune âge, ces êtres se sentent en décalage avec le monde. Ils  n’arrivent pas à s’amuser comme des enfants « normaux ». Quelque chose cloche. Alors leurs camarades les rejettent et se moquent d’eux, et certains mêmes, les brutalisent. Certains éducateurs aussi.

A la maison, on leur demande de se taire et d’arrêter de poser trop de questions. Le genre de questions qui ne devraient pas sortir de la bouche d’un petit être « qui ne connaît rien de la vie ». On leur reproche de pleurer « pour rien », de rire trop fort. On les traite de bons à rien. Parfois même, on les maltraite physiquement.

Plus tard, on s’inquiète pour eux. On pense qu’ils n’arriveront à rien dans la vie. Qu’ils seront en échec, car leurs aspirations ne collent pas avec le modèle qu’on leur demande de suivre.

Certains d’entre eux y arrivent pourtant, mais en paient le prix fort. Une souffrance psychologique et physique. Ils finissent par se convaincre un certain temps que c’est normal, puisqu’on leur répète sans cesse que, dans la vie, pour réussir, il faut constamment se battre.

Puis un jour ils craquent et on les traite de faibles et on se dit qu’on avait raison. Ce sont effectivement de bons à rien.

Ces individus que l’on laisse parfois sur le bas-côté à qui l’on colle une étiquette de « ratés » ont pourtant une intelligence hors norme et un idéal de vie porté par des valeurs très fortes et très profondes. Des valeurs basées sur l’entre-aide, sur le bonheur, sur la liberté, sur le respect de la nature qui les nourrit et qui les soigne.

Ils savent quand on leur ment. Ils savent quand on les manipule.

Certains d’entre eux ressentent les morts, les éléments, l’invisible. Ils entendent donc ce que les vivants ne disent pas. Ils voient ce qu’on essaie de leur cacher. Ils savent lire entre les lignes.  Ils captent les émotions des autres jusqu’à parfois en être totalement submergés. Et pourtant ils s’épuisent à vouloir les sauver car ces humains pas comme les autres, idéalistes, aspirent au bonheur de tous. A la paix. Au non-jugement.

Ils ne supportent pas la méchanceté, ils ne supportent pas les critiques. Les paroles remplies de haine et de jugements les atteignent même lorsqu’elles ne sont pas dirigées contre eux. Jusqu’à en devenir malade.

Ils n’arrivent pas à poser certaines de leurs limites de peur de faire du mal à l’autre ou d’être rejetés. Comme ils n’aiment pas le conflit, ils préfèrent subir en silence et pleurent en cachette. D’autres fois ils prennent la fuite tellement la souffrance est grande, on les traite alors de lâches et d’égoïstes. Ces êtres qui ont pourtant fait de leur mieux pour aider l’autre.

Ils ont des projets plein la tête. Ils rêvent secrètement de pouvoir sauver ce monde qui part à la dérive. Ils luttent constamment pour ne pas être influencés par la société qui tentent de les ramener sur le « bon chemin ».

Et si ces êtres étaient là pour nous montrer que nous avons peut-être perdu notre véritable identité et qu’il est temps de nous réveiller ?

Et s’ils étaient là pour nous montrer qu’il est possible de sortir d’une vie morose en prenant ses responsabilités, en changeant sa façon de penser, en suivant ses rêves, en osant être différent ? Et que quoique les autres nous aient fait ou dit, nous avons le pouvoir de nous en détacher et enfin accomplir le “pourquoi” nous sommes venus sur terre et enfin avancer sur son propre chemin ?

Que la vie peut être simple. Que si chacun décide de suivre sa propre route sans vouloir ressembler à la masse, sans remettre en question les choix des autres, cela créerait une belle harmonie entre nous tous. Que le potentiel de chaque personne pourrait alors prendre place dans ce monde sans concurrence, sans compétition. Dans la complémentarité. Juste la complémentarité…

Et si ces êtres n’étaient peut-être pas les véritables « fous » que porte cette terre et avaient, en vérité, quelque chose à nous transmettre ?

Et si l’on commençait à les écouter ? A leur faire confiance ? A s’en inspirer pour retrouver notre vraie liberté ?