Mon histoire

Mon histoire

Je vois le jour en Suisse en 1980. Je grandis entre 2 cultures différentes, diamétralement opposées. L’ambiance à la maison est difficile, très difficile. Le mode de communication est essentiellement constitué de mots violents, de disputes, de menaces et d’assiettes qui volent. La différence de culture n’est pas la seule raison. Bien plus tard, je découvre que mes parents ont reçu un modèle éducatif basé sur la violence verbale et physique. Ceci explique donc cela.

Bien que l’on m’interdise de m’exprimer et de donner mon avis, je me construis avec la croyance que pour réussir dans la vie, il est nécessaire de se battre sans cesse et de crier plus fort que l’autre. En gros : soit tu bouffes, soit on te bouffe.

Et pourtant, j’ai du mal à suivre le modèle transmis par mes parents. En public je porte un masque. Celui de la petite fille sage, discrète, souriante et docile. A l’âge adulte, celui de la femme toujours bien apprêtée, souriante et rigolote, pour qui tout réussit. Et pourtant, à l’abri des regards, je suis celle que l’on frappe, celle que l’on abuse, celle que l’on manipule, celle que l’on humilie.

La violence me poursuit dans ma vie amoureuse, ainsi que dans le domaine professionnel.

Le refus de l’injustice et le besoin de comprendre pourquoi je vis tout cela me maintient en vie. Toute cette rage intérieure se transforme en force. Parce que j’ai la volonté de vivre et de m’en sortir, je décide de faire un pacte avec moi-même. Apprendre et évoluer.

Dans la douleur, je réalise que toutes ces épreuves me brisent, mais elles ne me tuent pas. Je tombe à terre bien plus d’une fois, mais à force de me relever, je me rends compte que je suis bien plus forte qu’elles. Pour moi la réussite, ce n’est pas écraser l’autre ; pour moi, réussir signifie tirer des enseignements et en faire quelque chose qui pourra servir à d’autres.

Après de longues années de souffrance et d’incompréhension, aujourd’hui j’assume totalement d’être le “mouton noir” de ma famille. Je décide de m’en éloigner et de cesser de vouloir leur plaire. Il en est de ma survie. Les liens du sang ne sont pas toujours les plus sains. Peu importe ce que les gens peuvent penser ou ce que la société nous fait croire, nous n’avons pas besoin d’appartenir à un clan pour mériter notre place dans ce monde, et encore moins de relations toxiques.

Ce besoin de comprendre les choses et de les changer devient une vraie philosophie de vie. Ma propre religion. J’ai sans cesse cherché des clés à travers les psy, coach, thérapeutes, chamanes, livres, vidéos, conférences, ateliers et stages.

Mes amis me font prendre conscience que j’attire naturellement les personnes qui ont besoin de parler et de se confier. On me fait remarquer qu’il est facile pour moi de les comprendre et de savoir quoi faire ou dire pour les rassurer et les motiver. Que ce soit en Suisse ou en voyage à l’autre bout du monde.

Comme cela m’intrigue de plus en plus, je décide de me former au coaching en développement personnel en 2017. Une révélation. Je me découvre encore plus et me comprends de mieux en mieux. Tout s’éclaircit et tout prend sa place.

En 2019, je rencontre un médecin psychiatre à qui je raconte mon histoire. Après plusieurs mois, le diagnostic tombe : je suis une adulte à haut potentiel, ce qui explique mon hypersensibilité, un grand besoin de comprendre le sens de la vie, de comprendre aussi les situations auxquelles je fais face et d’être capable de créer une multitude de choses et de toucher à plusieurs domaines dans ma vie professionnelle. Je repense alors à ceux qui m’ont souvent reproché d’être trop sensible, de trop réfléchir, de m’éparpiller et qui m’ont laissé penser que j’étais une personne instable.

Je décide alors de sortir peu à peu de ma coquille et montrer qui je suis. Je réalise que quoique je fasse, je n’échappe pas aux jugements ni aux critiques, et que porter un masque en pensant que celui-ci me protège est une grande erreur. En vérité, en osant être moi, je cesse de vouloir plaire à tout le monde (et donc à personne) et j’attire ainsi les personnes qui me correspondent.

Grâce à mes nombreuses expériences et un gros travail sur moi, je suis aujourd’hui profondément convaincue que la vie n’est pas faite de hasards. Nous ne sommes ni victimes ni bourreaux, nous sommes juste inconscients.

Pour moi, la première clé pour s’épanouir est de comprendre nos modes de fonctionnement qui attirent certains événements de la vie. Reconnaître et accepter nos souffrances, ainsi que nos systèmes de défenses. Élargir notre champ de vision pour y trouver de nouvelles solutions et créer de nouvelles opportunités.

Mais surtout, avoir le courage de se regarder en face et s’accepter tel que l’on est dans notre totalité pour pouvoir ensuite se donner les moyens de penser, d’agir et de vivre autrement.

Voici ce à quoi j’aspire à présent. Aider l’humain à se comprendre pour mieux interagir avec les autres et s’épanouir.

Ma croyance est que, si chacun y met du sien, le monde n’en sera que meilleur.