Pourquoi les mêmes schémas se répètent-ils ?

Pourquoi les mêmes schémas se répètent-ils ?

Avant toute chose, je souhaite préciser que cet article ne traite pas des situations que nous vivons sans cesse de par notre difficulté à changer notre comportement, mais d’une situation qui se répète en boucle, bien que nous ayons déjà entamé un travail sur soi et avons compris notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive.

Très tôt dans ma vie, je m’interroge sur le sens des événements difficiles auxquels je suis constamment confrontée. J’ai l’impression que le sort s’acharne sur moi, que ce soit en famille, à l’école, dans certaines de mes relations amicales, puis plus tard dans ma vie amoureuse, et dans le monde du travail. A me demander si j’ai été un monstre dans une précédente vie et que je suis ici pour payer mes dettes.

Très vite je commence à me documenter sur la psychologie, puis plus tard à consulter. Je remarque qu’on me renvoie systématiquement à mon enfance. Petit à petit, je comprends à quoi certaines choses, qui se produisent dans ma vie actuelle, font écho avec des événements vécus durant l’enfance. A force de ressasser le passé, je finis par me fatiguer. C’est à mon avis important et nécessaire d’en comprendre la source, mais ce n’est pas pour autant que je réussis à m’en libérer. La blessure est toujours bien à vif, à cette époque j’accumule les dépressions et les mêmes schémas se répètent.

Alors oui, prendre conscience du pourquoi du comment fait du bien, c’est comme un bon bol d’air frais qui s’offre à nous. Cependant, accepter et se défaire de nos blessures profondes, c’est une autre paire de manches.

Alors que j’ai pour habitude de me confier à mes plus proches amies en quête de soutien et de réconfort, bien souvent je me retrouve face à une avalanche d’avis et de conseils différents : « Tu devrais faire ci, tu devrais faire cela … ».  En fin de compte, plus je recherche ce réconfort, plus je m’y perds.

Certains jours je décide de tout garder pour moi. Au début c’est difficile, très difficile. On se sent seule et totalement noyée par nos émotions et nos questionnements sans fin. Malgré la difficulté, je préfère m’isoler dans ma caverne pour ne pas montrer que je vais mal et ainsi éviter des échanges avec mes proches, qui me dévieraient de mon chemin.

Face à moi-même et lasse de me perdre dans ce labyrinthe, je décide de changer une de mes habitudes. Peut-être la plus difficile, mais au fond de moi, je sais que si j’y parviens, alors mon quotidien s’améliorera. Plutôt que de réagir avec impulsivité et tout envoyer valser ou fondre en larmes à me lamenter pendant des jours en me sentant totalement impuissante, je commence à m’observer dans mes réactions face à un événement blessant et en décortiquer le processus.

Quelle émotion me traverse ? Quelle en est ma réaction ? Comment est-ce que je procède pour : soit stopper la douleur, soit la nourrir et l’amplifier ? Quelles sont les pensées qui m’envahissent ou plutôt, que je choisis ? Quel est mon système de croyance ? Quelle est la blessure que cet événement est venu réactiver en moi ? Quelle est donc la leçon que je puisse tirer de ce qui m’arrive et comment puis-je en faire quelque chose et m’en libérer totalement ? Que puis-je changer ? Quelle solution puis-je trouver ?

C’’est un travail sur soi très difficile et qui demande beaucoup d’énergie, mais qui à force d’être pratiqué en conscience et régulièrement, devient de plus en plus systématique : autrement dit, l’effort finit par devenir un réflexe naturel.

Cependant, cela ne signifie pas pour autant que je ne suis plus touchée par ce qui m’arrive, mais cela me permet de comprendre ce qu’il se cache au fond de moi et ce que la vie vient mettre en lumière et donc m’enseigner.

« Rien n’arrive par hasard, tout est source d’expérience et d’apprentissage. » Du moment, que je commence à intégrer cette notion, cela change ma perception des choses ce qui me permet de ne plus me positionner en victime qui suffoque dans un trop plein d’émotions, mais plutôt de prendre du recul en me dissociant d’elles (nous ne sommes pas nos émotions) et d’observer le processus qui s’établit entre elles et moi.

J’arrive donc à obtenir des réponses à toutes mes questions, mais il me manque la fameuse la clé, celle qui me permettrait d’ouvrir la porte tant désirée : accéder à la solution ultime qui mettrait fin aux schémas répétitifs.

A force de m’interroger et de me documenter sur le sujet, je finis par comprendre que les émotions ne peuvent pas toutes êtres expliquées par le mental. Elles doivent être vécues, tout simplement. Nommer une émotion revient à la refuser et s’en distancer ; dans ce cas, elle n’est pas entièrement vécue, ce qui la fera revenir dès la prochaine occasion. En d’autres termes, lorsqu’elle nous arrive dessus, la solution est de littéralement y plonger dedans, sans lutter. Nous confondons souvent une émotion avec le refus de la vivre. Y résister peut être bien plus douloureux que l’émotion elle-même.

Mais cette explication ne me suffit pas. J’ai besoin d’en comprendre la raison et poursuis mes recherches.

Je me rappelle alors que le cerveau est une centrale électrique. Le flux électrique est généré par les neurotransmetteurs qui se fixent à toutes sortes de récepteurs spécifiques.

« Le courant électrique permet au cerveau de coordonner les mouvements, de contrôler la respiration et d’indiquer la faim, la douleur, la joie ou la tristesse… à la condition de pouvoir circuler. L’activité cérébrale débute par un stimulus : une pensée ou une information provenant d’un des cinq sens. Lorsque ce stimulus arrive à l’encéphale, ce dernier envoie des messages vers le reste du corps. Tous ces signaux captés ou émis par le cerveau se propagent dans la moelle épinière. »

“Le cerveau est une centrale électrique”

Comme indiqué dans l’extrait ci-dessus, une pensée ou une information déclenche une réaction électrique dans le cerveau pour ensuite se propager dans le corps (ce qui explique pourquoi notre système de pensées peut être la source d’une pathologie).

Lors d’un événement très douloureux vécu pendant notre enfance, le courant est si fort qu’il pourrait nous tuer. Mais comme la nature est bien faite, le cerveau fait basculer une partie de cette décharge électrique dans l’inconscient ce qui nous permet de survivre.

Nous continuons à vivre notre vie tout en conservant cette mémoire qui devient alors une bombe à retardement.

La vie nous amène donc à vivre des événements qui appuient sur la même blessure afin de ramener cette mémoire à nous et donc l’émotion qui a été stockée, afin de la purger. La souffrance que nous ressentons le plus souvent n’est pas l’émotion elle-même, mais le refus de la vivre à nouveau. Plus longtemps nous résistons contre cette émotion, plus souvent elle revient à notre conscience afin de se libérer.

La question que je me pose aujourd’hui est : doit-on vraiment apprendre à gérer nos émotions ? Ou devrions-nous plutôt les vivre pleinement en acceptant l’orage qui s’abat sur nous sachant qu’il n’est que passager pour ensuite laisser place au soleil ?

Si tu le souhaites, je t’invite à visionner cette vidéo à partir d’1h06 dans laquelle Franck Lopvet donne une explication plus détaillée à ce sujet et l’illustre avec un premier exemple qui pourrait te parler.

Que penses-tu de tout cela ?